Popularisé par le tatouage, dépassé par le #YOLO virtuel, érigé par les jeunes générations au même titre que le « Flower Power », la philosophie du Carpe Diem d’Horace, trop souvent victime d’une lecture à courte vue, a perdu de son sens. Pourtant, elle n’a jamais été aussi pertinente qu’aujourd’hui selon le philosophe social Roman Krznaric.
Une solution pour bien vivre ?
À l’ère des réseaux sociaux, la philosophie du Carpe Diem invite à nous distancier de la culture digitale en ramenant un peu d’hédonisme dans nos vies. Goûter, toucher et sentir la vie. Ressentir pleinement toutes les saveurs d’un vin ou d’un fruit arrivé à maturité ne peut être vécu qu’en personne au moment opportun. Cette idée, de « cueillir le jour sans croire au lendemain » peut paraître simpliste, mais cache en réalité un véritable art de vivre où se côtoient deux aspects importants de l’existence : la liberté d’écrire sa propre vie et le temps qui passe et s’achève par la mort.
Le philosophe a donc interrogé plusieurs groupes de personnes lors de ses ateliers d’art de vivre en leur demandant laquelle des traductions représente au mieux leur idée du Carpe Diem. Une majorité opta pour « Seize the Day » soit le fait de saisir les opportunités tout en retrouvant plus de spontanéité dans l’action. « Pluck the day » reste la traduction la plus populaire et souligne l’importance de l’instant présent. Enfin, « Enjoy the Day » est toujours couramment utilisé pour mettre en avant les petits plaisirs de la vie.
Ces multiples versions reflètent bien les différentes manières d’intégrer du carpe diem dans notre vie. Roman Krznaric encourage même la pause existentielle comme réflexion sur les choix que nous faisons :

En si nous faisons un mauvais choix ?
Il est humain de se tromper, ce qui importe dans la philosophie du Carpe Diem « c’est l’action de choisir de ne pas passer à côté de sa vie » précise Roman Krznaric. En effet, la philosophie du Carpe Diem nous rappelle sa fugacité qui la rend si précieuse. L’idée serait donc de vivre en pleine conscience des choix que nous faisons au regard du temps qui passe. En d’autres termes, parvenir à mener une vie heureuse ayant du sens.
D’ailleurs, une des règles préférées de Roman Krznaric dans la philosophie du Carpe Diem est : « D’agir d’abord et penser ensuite. » De cette façon, vous pourrez déterminer réellement ce qui vous convient ou pas. Par exemple, vous aspirez à exercer un métier qui a du sens pour vous, le mieux à faire est de le tester dans la pratique. Lancez-vous !
Carpe Diem est donc une philosophie de l’expérimentation : franchir le pas, prendre des risques et se jeter à l’eau…Tout ne se passera pas forcément comme prévu, mais vous aurez initié un changement en sortant de votre zone de confort. Et, qui sait ? Cela donnera peut-être plus de sens à votre vie…
C’est ainsi que lors de son discours de remise des diplômes à l’université de Stanford, Steve Jobs a dit : « Tous les matins, je me regarde dans le miroir et je me demande :

Cette quête de sens est évidemment liée aux choix que nous faisons qui sont eux-mêmes déterminés par notre entourage, nos croyances, nos connaissances, nos enfants ou notre travail précise le philosophe. Voici pourquoi, Roman Krznaric nous encourage à questionner notre liberté à faire des choix sachant que nul n’est immortel.

